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LE SUD-SOUDAN, TERRE D’ÉPREUVES ET D’ESPÉRANCE

À l’occasion de sa prochaine campagne missionnaire, Missio met en lumière le Sud-Soudan. L’abbé Santo Gaba, directeur de Missio dans ce jeune pays marqué par la guerre et la pauvreté, et l’abbé Théogène Havugimana, directeur de Missio Belgique, sont venus témoigner des défis quotidiens et des projets qui nourrissent l’espérance.

Le Soudan du Sud est le plus jeune pays du monde. Né en 2011 de la séparation avec le Soudan, il a rapidement été plongé dans une guerre civile d’une extrême violence, qui a déchiré la population et ravagé de nombreuses infrastructures. Aujourd’hui, le pays compte environ onze millions d’habitants, dont près de quarante pour cent sont catholiques. Malgré cette présence religieuse importante, l’Église doit faire face à une réalité dramatique : les conflits persistent, les populations sont déplacées, les familles n’ont plus accès à leurs terres et vivent dans la peur permanente. La famine, conséquence directe de la guerre et du dérèglement climatique, demeure l’un des défis les plus urgents du quotidien.

Le pape François a lui-même voulu témoigner son soutien à ce pays meurtri en s’y rendant en 2023, en véritable artisan de paix. Sa visite avait suscité un immense espoir, rapidement terni par une nouvelle dégradation de la situation humanitaire. Aujourd’hui encore, les diocèses du nord et du sud du pays restent réunis au sein d’une même conférence épiscopale. À Rome, il a été rappelé combien il est essentiel de préserver cette unité afin de renforcer la solidarité entre les communautés chrétiennes des deux nations.

Missio, bâtir des ponts entre les Églises

Depuis de nombreuses années, Missio œuvre pour promouvoir la solidarité internationale et soutenir les communautés chrétiennes dans les régions les plus fragiles du monde. Chaque année, l’organisation met un pays à l’honneur afin de sensibiliser les fidèles et de renforcer les liens entre des Églises issues de contextes différents. En 2024, le Sri Lanka était à l’honneur ; en 2025, c’est le Soudan du Sud qui a été choisi, illustrant la volonté de diversifier les continents et de favoriser des rencontres interculturelles.

Pour l’abbé Théogène Havugimana, directeur de Missio Belgique, ce choix est loin d’être anodin. Il traduit la nécessité de se tourner vers un pays jeune, profondément éprouvé sur les plans humanitaire et religieux. Le Soudan du Sud a encore tout à construire : infrastructures insuffisantes, système éducatif fragile, accès limité aux soins de santé, insécurité omniprésente… Autant de réalités qui rendent le quotidien incertain. La mission de Missio consiste donc à tendre la main, à apporter un soutien concret, mais aussi à rappeler que l’Église universelle est appelée à avancer ensemble, au-delà des frontières et des conflits.

Trois projets concrets pour l’espérance

À travers cette campagne, Missio souhaite soutenir plusieurs projets concrets qui incarnent son engagement auprès du peuple sud-soudanais. Le premier est né dans le sillage de la visite du pape François : un pèlerinage pour la paix organisé par les élèves de l’école Loreto à Rumbek. Chaque année, des jeunes parcourent désormais le diocèse pour promouvoir la réconciliation et la cohésion ethnique, dans un pays encore marqué par de profondes divisions communautaires. Ce pèlerinage se veut une marche d’espérance, un signe fort de la volonté de la jeunesse de construire un avenir pacifié.

Le deuxième projet concerne l’éducation, un enjeu essentiel pour l’avenir du pays. En 2010, les Sœurs Loreto ont ouvert une école primaire à Rumbek, qui accueille aujourd’hui plus de 1 300 enfants, filles et garçons, dans un esprit d’égalité et de respect. L’établissement ne se limite pas à l’enseignement : il veille aussi à la santé et à l’alimentation des élèves, conditions indispensables pour apprendre dans de bonnes conditions. Grâce à la solidarité des donateurs, même les familles les plus démunies peuvent y scolariser leurs enfants et leur offrir une chance de rompre le cycle de la pauvreté et de la violence.

Le troisième projet concerne la formation des futurs prêtres. Le séminaire Saint-Paul de Juba, qui rassemble environ 250 étudiants, manque cruellement d’espaces adaptés pour les activités collectives. Faute de salle polyvalente, la chapelle est souvent utilisée pour des conférences ou des réunions, au détriment de sa vocation première. La construction d’un bâtiment spécifique est donc devenue indispensable pour répondre aux besoins de formation et de vie communautaire. Une partie du financement est déjà assurée, mais des soutiens supplémentaires restent nécessaires pour mener ce chantier à terme.

Pour l’abbé Santo Gaba, ces initiatives sont au cœur même de la mission de l’Église. Être missionnaire de l’espérance parmi les peuples, c’est donner aux enfants, aux jeunes et aux communautés les moyens de se relever malgré la guerre et la pauvreté.
« Le projet de Missio est, au fond, au cœur du projet de l’Église : aller à la rencontre du monde et être disciple de toutes les nations », souligne-t-il.

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