Avec son nouveau roman destiné aux adolescents, De l’autre côté de la raison, l’auteur jambois Gianni Peralta aborde un thème délicat : la schizophrénie. Un récit bref mais puissant, qui suit Jules, un adolescent de 15 ans qui s’enferme progressivement dans l’isolement, tandis que ses parents tentent de comprendre ce qu’il traverse.
À Jambes, Gianni Peralta est bien connu des amateurs de littérature locale. Ancien commercial pendant plus de 35 ans, il a toujours gardé un carnet et un stylo à portée de main. « J’écrivais pour moi », confie-t-il avec le sourire. Depuis une dizaine d’années, les mots l’accompagnent, à la fois comme refuge et comme espace de liberté. La rencontre avec la romancière Monique Quittelier sera déterminante : touchée par ses textes, elle le met en relation avec un éditeur. Dès lors, la voie de la publication s’ouvre, et Gianni Peralta ne cessera plus d’écrire.
À ses débuts, il explore plusieurs genres : contes fantastiques pour enfants, textes variés, recherches stylistiques. Peu à peu, le thriller et le polar s’imposent comme une évidence. Ces univers lui permettent d’explorer les zones d’ombre, les émotions complexes et les fragilités humaines. Son inspiration, il la puise partout : dans une conversation surprise dans un bus, une scène de film, l’atmosphère d’un café. Toujours attentif, il note ce qui retient son regard. Son carnet, fidèle compagnon, lui permet de transformer le quotidien en matière romanesque.
« Ce qui me plaît dans l’écriture, c’est le partage. J’ai envie de transmettre ma passion, et j’espère y être parvenu », confie-t-il.
Avec De l’autre côté de la raison, publié aux éditions Le Lys Bleu, Gianni Peralta relève un défi : traiter la schizophrénie, un sujet encore largement entouré de préjugés. Inspiré d’un fait divers, le roman raconte l’histoire de Jules, un adolescent de 15 ans qui se replie progressivement sur lui-même. Face à cette transformation, ses parents se sentent démunis et s’interrogent : s’agit-il d’une crise d’adolescence, d’une dépression ou des premiers signes d’un trouble plus profond ? L’auteur ne cherche pas à apporter de réponse tranchée, mais à susciter la réflexion.
« Ce thème me tenait à cœur depuis longtemps », explique-t-il. Pour l’aborder avec sensibilité et précision, il a mené un important travail de recherche et échangé avec des associations spécialisées. À l’opposé des clichés véhiculés par le cinéma ou l’imaginaire collectif, son objectif est de déconstruire les peurs et de mettre en lumière l’humanité des personnes concernées. « Je voulais en parler sans fragiliser qui que ce soit, tout en interrogeant le regard que la société porte sur elles. » Deux années ont été nécessaires pour mener ce projet à maturité, depuis la première idée jusqu’à la phase d’écriture, en passant par la documentation.
L’ouvrage, d’une centaine de pages, adopte volontairement un format court. Un choix pleinement assumé par Gianni Peralta, qui connaît bien les habitudes de lecture des jeunes : « Les adolescents lisent moins de romans très longs. Je voulais leur proposer un format accessible, tout en conservant une histoire forte et intense. »
Le titre, De l’autre côté de la raison, illustre sa démarche : tenter, autant que possible, d’entrer dans l’univers intérieur d’une personne touchée par la schizophrénie. Pour y parvenir, l’auteur instaure un véritable dialogue avec ses personnages. Il les questionne, imagine leurs réponses et leurs réactions. Ce procédé lui permet d’explorer ce qu’il appelle « ce qu’ils ont au fond d’eux », et d’offrir au lecteur une expérience à la fois déroutante et profondément humaine.