Tête d’affiche du LaSemo Festival le 13 juillet dernier, MC Solaar s’est confié au micro d’Olivier Goncette. Pionnier du rap français, l’auteur de « Nouveau Western » et « Caroline » revient sur son parcours, ses inspirations et sa vision d’un genre qu’il a contribué à façonner.
A ses débuts, rien ne prédestinait Claude M’Barali à devenir une icône du rap hexagonal. « Je suis rentré dans le rap par la danse et le mimétisme », confie-t-il. Dans les années 80, il découvre le mouvement hip-hop sous toutes ses formes : danse, tag, scratch… N’excellant pas dans le graffiti, il tente un jour une improvisation.
« Dans mon petit quartier, les gens m’ont applaudi. Et puis c’est devenu mon étiquette »
Ironie de l’histoire : c’est une chanson belge qui a allumé l’étincelle. Le morceau « Vous êtes fous » du groupe Benny B résonne alors sur les ondes. Pour MC Solaar, c’est un déclic.
S’ensuit une période de débrouille : il enregistre ses morceaux sur cassettes, les envoie à des professionnels. Le bouche-à-oreille fait son œuvre. « Le rap n’était pas quelque chose qui était dans leur cerveau, c’était une étrangeté. Mais on nous a quand même fait confiance. »
Très vite, le jeune MC impose une patte bien à lui : un savant mélange de hip-hop et d’écriture soignée, plus construite que conceptuelle, comme il le dit lui-même. Il ne fait partie d’aucun groupe, ce qui lui permet de naviguer entre les styles et de collaborer avec des rappeurs américains, une consécration à l’époque. « Ça m’a donné confiance. »
Aujourd’hui encore, le parrain du rap hexagonal garde un œil attentif et bienveillant sur la jeune génération. Loin de se poser en gardien du temple, MC Solaar observe avec admiration l’évolution d’un genre qu’il a vu naître et auquel il a donné ses lettres de noblesse. À ceux qui débutent, il adresse un conseil simple mais essentiel : ne pas avoir de complexes. « Avec les nouvelles technologies, on peut se faire entendre de partout », affirme-t-il. Internet, les réseaux sociaux, les plateformes de streaming : les outils sont là, à portée de main, pour qui veut s’exprimer.
Pour MC Solaar, la clé reste la singularité. Croire en son propre style, le cultiver, et oser le partager sans chercher à coller aux tendances. Il en sait quelque chose : c’est justement parce qu’il ne ressemblait à personne qu’il a su marquer les esprits. Et c’est ça que son parcours incarne : une invitation à suivre sa propre voie, sans complexe ni concession.